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"Très remontés et revendicatifs" : les syndicats de la fonction publique reçus au ministère pour une réunion très attendue sur les salaires
information fournie par Boursorama avec Media Services 08/07/2026 à 12:23

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, à Paris le 2 juin 2026. ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, à Paris le 2 juin 2026. ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La veille, un comité d'alerte sur les finances publiques s'est tenu, l'exécutif a réduit sa prévision de croissance pour 2026, heurtée par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

C'est un rendez-vous très attendu par les organisations représentatives, qui exigent des augmentations de salaire dès 2026 et menacent d'une grève fin septembre. Ce mercredi 8 juillet, le ministre des Comptes publics, David Amiel, reçoit les syndicats de la fonction publique pour une réunion sur les rémunérations. Après un report de cette rencontre initialement prévue lundi en raison de l'examen d'une motion de censure au Parlement, les huit organisations syndicales représentatives dans la fonction publique (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) ont été invitées à Bercy pour évoquer cette épineuse question.

La réunion a débuté vers 10h avec notamment plusieurs déclarations des syndicats, qui réclament d'urgence de meilleurs salaires, alors que débute la discussion pour doter la France d'un budget. Ils estiment que la coupe est quasi pleine, après trois années de gel de la valeur du point d'indice sur la base duquel une partie de la rémunération des fonctionnaires est calculée, mais aussi la suppression d'une prime en faveur du pouvoir d'achat et un phénomène de "tassement" des grilles indiciaires qui entrave les évolutions de carrière.

Le système de rémunération des fonctionnaires "obsolète"

Leur revendication a été renforcée par la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences, en particulier un choc inflationniste et une flambée des prix des carburants. Lassés par l'absence de réponses concrètes du gouvernement, les syndicats ne se font toutefois guère d'illusions concernant la réunion du jour, même si le ministre David Amiel lui-même a établi le diagnostic d'un système de rémunération des fonctionnaires devenu "obsolète". Car le gouvernement ne semble pas enclin à répondre favorablement aux demandes des syndicats, a fortiori dans un contexte de finances publiques dégradées.

La réunion se tient au lendemain d'un comité d'alerte sur les finances publiques où l'exécutif a réduit sa prévision de croissance pour 2026, heurtée par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, la ramenant de 0,9% à 0,7%. Il a estimé désormais "difficile à atteindre" son objectif d'un déficit public ramené à 5% en 2026. C'est pourquoi il prévoit désormais au moins 9 milliards d'euros d'économies à faire en 2026 au lieu de 6 milliards. Ce contexte limite quelque peu les marges de manœuvre concernant des hausses de salaries dans la fonction publique.

Mobilisation

"Si le ministre vient à nouveau les mains vides, les 6 millions d'agents jugeront sur pièce"

Pourtant, il devrait s'agir d'une "priorité" du gouvernement, estime Christian Grolier, le secrétaire général de Force ouvrière fonction publique, joint mardi par l'AFP avant la réunion. "S'il n'y a toujours rien sur les rémunérations et le pouvoir d'achat en 2026 et en 2027, on pourra faire partie des organisations qui claquent la porte", a-t-il encore prévenu. Une ligne partagée par plusieurs autres organisations syndicales. Du côté de Solidaires, on est "encore moins optimistes qu'on ne l'était avant le comité d'alerte" des finances publiques la veille, et on s'y rend "très remontés et revendicatifs", a affirmé mardi à l'AFP Gaëlle Martinez, déléguée générale de Solidaires fonction publique.

Mi-avril, les huit organisations syndicales avaient quitté prématurément une réunion sur les salaires, déplorant l'absence de mesures immédiates et réclamant l'ouverture d'une négociation. Elles ont mis encore un peu plus la pression sur le gouvernement fin juin en appelant à une mobilisation le 29 septembre, sans exclure une grève. Ce dossier clé des rémunérations vient s'ajouter à d'autres points de crispation dans le dialogue social (égalité professionnelle, autorisations spéciales d'absence...)

"Le ministre a fixé ce rendez-vous, s'il vient à nouveau les mains vides, les 6 millions d'agents jugeront sur pièce", a prévenu mardi Caroline Chevé, la secrétaire générale de la FSU. "Je mets en garde, vous avez 6 millions d'actifs, c'est une faute politique de se les mettre à dos avant l'échéance présidentielle", a-t-elle averti.

4 commentaires

  • 14:03

    La rémunération est une chose mais l'organisation et la production en est une autre. Puisqu'ils ne veulent pas se restructurer pour alléger les normes et méthodes, il ne faut pas augmenter les salaires non plus


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